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Investissement

Risque : l’éternel dilemme

Publié le 08 Septembre 2020 - Mis à jour le 12 Novembre 2020

La notion de risque fera toujours partie intégrante du processus d’investissement. Les acteurs du secteur ont renforcé leur expertise en matière de gestion des risques, mais les scénarios inédits sont suffisamment fréquents pour que cet exercice reste un défi permanent. L’année 2020 ne va pas à l’encontre de cette tendance. La pandémie a eu des effets déstabilisateurs et le niveau d’incertitude est plus élevé qu’en début d’année. Les objectifs des investisseurs n’en restent pas moins les mêmes. Face à ce nouveau monde, diverses approches d’investissement pourraient faire office d’antidotes en matière de gestion des risques et pour répondre aux exigences habituelles de liquidité.

La Grande Instabilité devient la nouvelle norme

Le début d’une nouvelle décennie est souvent synonyme de changement. Toutefois, la pandémie a eu pour effet d’exacerber des tendances économiques et de marché existantes, mais n’en a pas engendré de nouvelles. Cela signifie surtout que la quête de rendement s’est encore renforcée. Compte tenu des mesures de soutien prises en urgence par les banques centrales, les taux d’intérêt vont rester durablement faibles encore plus longtemps que prévu. Par conséquent, les rendements des emprunts d’État de bonne qualité resteront pour la plupart négatifs, ce qui pénalisera les compagnies d’assurance et les fonds de pension qui sont tenus d’investir dans ces actifs pour des raisons réglementaires.

Après une très forte baisse, les actions ont fini par redresser la tête et l’indice S&P 500 a atteint un nouveau record à la mi-août. Comme toujours, cette performance très relayée par les médias cache en partie la réalité. C’est surtout le secteur technologique dans son ensemble qui a mené cette progression, à la faveur des changements de comportement des consommateurs et des travailleurs provoqués par la pandémie. En revanche, les autres secteurs ont été très malmenés. En définitive, l’augmentation des niveaux de volatilité et d’incertitude sur tous les marchés actions renforce l’exposition au risque des investisseurs en quête de rendement et oblige les allocataires d’actifs à faire des choix cornéliens.

Trouver le juste milieu

Les situations les plus difficiles entraînent souvent des décisions compliquées. La levée des restrictions imposées lors des confinements afin de relancer la croissance économique a renforcé le risque d’une seconde vague d’infections. Les investisseurs font face à un choix similaire, quoi que moins difficile, lorsqu’ils procèdent au rééquilibrage de leurs portefeuilles puisque leur recherche de sources de croissance durables doit respecter des paramètres de risque prédéfinis. Il est essentiel de trouver un juste équilibre.

Dans cette ère d’incertitude, les actifs traditionnels peinent à remplir leurs rôles habituels. Comme nous l’avons déjà mentionné, les emprunts d’État ne sont plus en mesure de générer des rendements réguliers et sur les marchés actions, même s’il existe encore un potentiel de hausse, il convient de faire preuve de prudence face à la volatilité et aux incertitudes généralisées.

L’augmentation des primes de risque des obligations d’entreprises témoigne du choc subi par les bénéfices des entreprises, alors que les notations de crédit se détériorent dans le sillage de l’économie. Les marchés émergents, dont l’attractivité est très variable, font face à des risques à court terme liés à l’augmentation des niveaux d’endettement et à la baisse des revenus, et ce malgré des valorisations raisonnables. Le marché chinois a par exemple bénéficié des mesures massives de l’État et de la banque centrale, mais aussi de la surperformance des valeurs technologiques, très représentées dans les indices boursiers.

Savoir s’affranchir des actifs traditionnels lors des périodes exceptionnelles

Avec l’élection présidentielle qui se profile aux États-Unis, la persistance des tensions commerciales et une Chine « regonflée à bloc », les prochains mois ne devraient pas offrir beaucoup de répit. Autrement dit, la quête de segments de marché plus sûrs, plus fiables et moins volatiles, tout en continuant à assurer une gestion stratégique des risques, nécessitera d’adopter une perspective plus large.

Ce sera notamment le cas des investisseurs institutionnels qui, pour atteindre leurs objectifs de risque/rendement, devront innover pour répondre aux exigences réglementaires diverses et complexes en Europe et à l’échelle mondiale. Les fonds de pension par exemple doivent respecter des engagements de croissance à long terme, ce qui oblige à investir dans des actifs risqués, tout en respectant des contraintes très strictes en matière de risque, comme les pertes maximales et les niveaux de volatilité.

Face à la faiblesse actuelle des performances, satisfaire ces besoins et ces obligations en investissant dans des actifs traditionnels sera encore plus difficile. Dans cette optique, les investissements alternatifs ne sont pas dénués d’intérêt. Les actifs non-traditionnels englobent toute une kyrielle de stratégies d’investissement et peuvent offrir des profils intéressants sources de diversification, comme par exemple une faible corrélation aux actifs traditionnels. Longtemps considérés comme un segment de niche, la quête de rendement des investisseurs ces dix dernières années a permis à ces actifs de prendre une place de choix dans de nombreux portefeuilles.

Tout en étant présent sur les marchés traditionnels, les investissements alternatifs permettent de saisir des opportunités d’investissement plus atypiques. Les financements structurés se concentrent sur les actifs générateurs de flux de trésorerie ; les stratégies dédiées aux actifs réels, comme la dette d’infrastructure et d’immobilier commercial, permettent de s’exposer à long terme à des actifs physiques de grande envergure, comme les aéroports, les routes et les immeubles, et peuvent profiter d’une prime d’illiquidité comparable aux obligations d’entreprises de même notation ; alors que l’investissement factoriel vise des performances ajustées du risque plus élevées que celles générées par les caractéristiques des actifs traditionnels, via les facteurs « qualité », « value », « momentum » et « faible volatilité ».

La situation économique et les conditions d’investissement semblent très différentes qu’auparavant. Adopter une nouvelle perspective allant au-delà des actifs traditionnels peut être déterminante pour construire des portefeuilles robustes, davantage capables de résister aux tendances négatives des marchés. Quelle que soit la solution envisagée, il est crucial qu’elle intègre des objectifs d’investissement clairs et une approche adaptée en matière de risque.

Une gestion sensible au risque

Il est impossible d’éviter totalement les risques, ils sont partout, notamment pour les investisseurs. Pourtant, la pandémie et les perturbations économiques qui en ont résulté ont amplifié ce phénomène, alimentant l’incertitude et rendant impossible toute prévision précise du comportement des intervenants de marché. Malgré tous ces bouleversements, la recherche de performances se poursuit et accroît la pression pour identifier des sources de rendement durables et satisfaire aux obligations en matière de liquidité.

Comme tous les investisseurs, nous devons nous montrer plus sensibles aux problématiques de risque. Savoir marier prudence et ingéniosité tout en adoptant une approche alternative plus globale pourrait se révéler utile en ces temps si imprévisibles.

Chez BNP Paribas Asset Management, nous comprenons que l’environnement actuel soit déstabilisant pour nos clients. C’est pourquoi nous abordons les problèmes sous de nombreux angles. Nous remettons en cause les configurations normales et anormales pour savoir si les solutions qui ont fonctionné par le passé sont encore effectives. Maintenir le statu quo sera peut-être la bonne solution, mais opter pour une approche plus alternative pourrait nous permettre de répondre plus efficacement aux besoins de nos clients. Quel que soit notre choix, nous investiguons avant d’investir.

Notre équipe de la gestion multi-actifs et des solutions client cherche des moyens novateurs pour aider nos clients institutionnels à répondre à leurs besoins d’investissement et à leurs obligations réglementaires. Pour cela, nous nous appuyons sur notre expérience et notre expertise, passons en revue les derniers travaux de recherche et remettons en question les idées reçues.

Pour en savoir plus, consultez la page « thèmes d’investissement ».

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement.

Article extrait du site BNP Paribas Asset Management