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Financement

Patrimoine socialement responsable, mode d’emploi

Publié le 23 Août 2021 - Mis à jour le 22 Septembre 2021

Générateur de performance financière, l’investissement durable répond à l’attente grandissante des Français de voir leurs placements avoir un impact concret sur les Hommes et la planète. Plusieurs stratégies s’offrent à eux en fonction de leur maturité sur le sujet. Le regard de Pierre Moulin, Responsable Mondial des Produits et du Marketing Stratégique de BNP Paribas Asset Management et membre de son Comité Exécutif.

À quel point les Français souhaitent-ils donner du sens à leur investissement ?

La volonté de donner du sens à son épargne – et à sa façon de vivre en général – est de plus en plus forte. La croissance des investissements sur des thématiques durables démontre clairement cette prise en compte grandissante. Ces fonds, qui investissent dans des sociétés apporteuses de solutions aux enjeux sociaux et environnementaux tels que la protection des océans, le climat, la croissance inclusive ou encore la biodiversité, ont enregistré 30 % de croissance de leurs encours en 2019 et 34 % en 2020, ce qui est nettement supérieur aux autres univers d’investissement. Le thème est un point d’entrée pour parler autrement de la finance et capter des populations qui y sont moins sensibles. La crise du Covid-19 a également agi comme un accélérateur de la prise de conscience. Les Français ont été confrontés à de nombreux enjeux notamment sociaux et souhaitent « investir utile ».


Quelles initiatives peuvent aider les investisseurs à sauter le pas ?

Lorsque nous avons introduit l’investissement durable au cœur de notre projet d’entreprise en 2019, nous avons noté chez nos investisseurs un vif intérêt doublé d’un certain scepticisme quant à l’impact réel. C'est pourquoi nous avons établi des indicateurs fiables et transparents. Notre discours, nos pratiques et nos reportings participent à cet effort de pédagogie. Les labels des organisations indépendantes, comme le label ISR en France, y contribuent également tout comme le régulateur, à l’image de la réglementation européenne SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) qui impose une classification des fonds selon des critères ESG. À cela s’ajoute l’évolution de la réglementation MiFID qui va enjoindre les distributeurs à demander à leurs clients leurs préférences en matière d’investissement durable avant de leur proposer des produits financiers.

Quels sont les différents niveaux ou familles d’investissement responsable chez BNP Paribas Asset Management ?

On peut définir quatre familles. La première, « intégration ESG » est la plus large et la plus diversifiée. Elle s’adresse tout particulièrement aux investisseurs qui expriment un début d’intérêt pour les questions de finance durable. Elle représente la majorité de nos actifs à hauteur de 349 milliards d’euros et concerne des investissements qui intègrent des critères ESG selon une méthodologie interne propriétaire permettant de noter les entreprises selon leur approche responsable, en excluant certains secteurs d’activité comme le charbon ou le tabac. La deuxième tranche que nous appelons « ESG renforcé » (100 milliards d’euros) sélectionne les entreprises ayant les meilleures pratiques ESG dans leur secteur : un objectif durable est clairement assigné. La troisième catégorie regroupe les investissements thématiques, où les sociétés choisies réalisent une partie de leur chiffre d’affaires en répondant à des enjeux sociaux ou environnementaux. Ces fonds représentent 27 milliards d’encours chez BNP Paribas Asset Management, plaçant notre entreprise parmi les leaders européens. Enfin, la quatrième famille concerne les produits d’investissement à impact que l’on peut mesurer précisément, soit 3 milliards de nos actifs sous gestion.

Comment les fonds ESG parviennent-ils à concilier sens et performance ?

Pierre Moulin : Investir durable, c’est choisir des univers d’investissement financièrement attractifs tout en suivant la boussole ESG. Et si la question de la performance de ces fonds alimente encore les débats, les conclusions de nombreuses études sont souvent positives. Les entreprises les mieux-disantes en termes ESG peuvent en effet être plus profitables : elles attirent et retiennent davantage de talents, ont un avantage compétitif qu’elles peuvent refléter dans les prix, etc. On constate également que les investissements durables s’appuient sur des segments d’activité souvent mieux positionnés d’un point de vue réglementaire, sur des marchés en croissance, et disposent d’une meilleure gestion du risque (moins de risque de controverses par exemple, souvent sanctionnées par les marchés). À titre d’illustration, un de nos fonds sur la transition énergétique a bénéficié d’un rendement de +167 % en 2020[1].

Ainsi, opposer investissement responsable et performance financière n’est plus d’actualité tant il devient évident que l’investissement, pour être rentable, doit être fléché vers les entreprises dont les modèles économiques répondront au mieux aux défis de la croissance durable de demain.

En matière de finance durable, la diversification reste-t-elle la règle ?

Investir avec une approche durable est assurément porteur d’avenir mais il faut rester prudent et éviter de concentrer les investissements sur quelques activités uniquement, au risque de créer une bulle. L’épargne doit donc être dirigée vers les acteurs les mieux-disants sur les enjeux ESG dans tous les pans de l’économie, qu’il s’agisse de solutions nouvelles comme d’activités plus traditionnelles (chimie, BTP…). Il me semble impératif de maintenir le principe de diversification.


[1]Le fonds BNP Paribas Energy Transition a enregistré un rendement de 167,30% entre le 01/01/20 et le 31/12/20, contre un rendement de 6,65% pour l'indice MSCI AC World (EUR) NR. Les performances ou réalisations du passé ne sont pas indicatives des performances futures. Les performances calculées sont nettes de frais. Les investissements réalisés dans le fonds précité, sont soumis aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements en valeurs mobilières. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur placement. Source : BNP Paribas Asset Management.