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Nos thèmes d'investissement actualisés à mai 2022

Publié le 17 Mai 2022 - Mis à jour le 17 Mai 2022
Edmund Shing
Global Chief Investment Officer at BNP Paribas Wealth Management

La hausse des taux d'intérêt entraîne une hausse de la volatilité et une approche privilégiant la sécurité.

La hausse des taux d'intérêt dans un environnement marqué par une faible croissance et une forte inflation laisse présager une baisse des rendements des investissements.

Les actions et les obligations réagissent plus favorablement à une baisse des taux d'intérêt qu’à une hausse de ceux-ci.

Un contexte délicat : un environnement d’inflation élevé qui réduit le pouvoir d'achat des ménages et potentiellement la rentabilité des entreprises.

Une telle accélération de l'inflation n'a pas été observée depuis les années 1970-1980. Ce scénario de hausse rapide des prix se traduit par a) des taux d'intérêt à court et long terme plus élevés et b) un ralentissement de la croissance en fin de cycle économique.

Ce double frein à la croissance économique, à savoir a) une « taxe » effective liée à l'inflation pour les consommateurs et les entreprises et b) des coûts de financement plus élevés pour les prêts hypothécaires et personnels, n'est pas un cocktail idéal pour les investisseurs dans les classes d'actifs traditionnelles que sont les actions, les obligations, les liquidités et l'immobilier.

Une analyse historique révèle qu'en période d'inflation élevée et de hausse des taux d'intérêt, les matières premières, dont l'or et le pétrole, ont tendance à mieux se comporter, alors que les obligations, en particulier, sont mises à l’épreuve.

Le T1 2022 a été une période difficile pour les actions et les obligations, alors que les matières premières ont bien performé

Les marchés boursiers et obligataires mondiaux commençaient enfin à sortir de la crise sanitaire de la COVID-19, lorsqu’ils ont subi une deuxième crise, le conflit en Ukraine, ce qui a fait du premier trimestre une période difficile. L'indice MSCI World a perdu 5 % en dollars US au cours du T1 2022, sans que cela ne soit compensé par les obligations ou l'immobilier coté mondial, qui ont perdu respectivement 6 % et 4 % sur la même période. Il s’agit d’un événement rare. La dernière fois fut en 1994 lorque les actions, les obligations et l'immobilier coté ont chuté en même temps. Les matières premières (y compris les métaux de base, les métaux précieux et l'énergie) se sont révélées être une classe d'actifs de diversification utile en cette période de baisse du cours des actions et des obligations, l'indice Bloomberg des matières premières hors agriculture ayant progressé de 31 % depuis le début de l'année 2022. 

Nous devons nous préparer à ce que le climat géopolitique reste instable pendant encore un certain temps. Cela suggère que les marchés financiers resteront tout aussi volatils dans un avenir proche. Les marchés n’aiment pas les incertitudes.

Actifs stratégiques, couverture contre l'inflation et économie circulaire, des thématiques clés.

L'économie mondiale a du mal à faire face à deux séries de chocs économiques. Le premier est le préjudice causé aux chaînes d'approvisionnement mondiales par les vagues répétées de confinements liés à la COVID-19 à travers le monde. Le second est la perturbation de l'approvisionnement en énergie, en denrées alimentaires et en métaux industriels essentiels suite au conflit en Ukraine et aux sanctions économiques imposées à la Russie. Notre premier thème d'investissement, qui porte sur les actifs stratégiques, souligne le besoin pressant des pays de s'assurer un approvisionnement fiable en énergie, en denrées alimentaires, en matières premières, en technologies et composants clés auprès de partenaires stables et prévisibles.  

Construire une exposition diversifiée de couverture contre l'inflation par le biais d’actifs réels tels que les matières premières, les infrastructures, l'immobilier et d'autres actifs reste une priorité essentielle en cette période de forte volatilité de l'inflation. 

La fragilité des réseaux logistiques mondiaux et le coût toujours plus élevé des matières premières favorisent le modèle d'économie circulaire. Ce modèle donne en effet la priorité à l'optimisation de l'utilisation des ressources naturelles grâce à une conception améliorée et plus modulaire, une meilleure disponibilité des pièces détachées pour les réparations, des moyens de réutilisation, voire de recyclage, la vente d'articles d'occasion et le recyclage des biens en fin de vie afin de récupérer les principales matières premières.

Perspectives économiques et taux d'intérêt

Croissance plus faible et inflation plus élevée

Une croissance plus faible mais pas de récession

Les récentes enquêtes de conjoncture, notamment sur la confiance des consommateurs, ont mis en évidence l'impact du conflit militaire en Ukraine. Il existe toutefois des différences importantes entre les pays. La zone euro est la plus exposée en raison de la part élevée des importations d'énergie. Les fondamentaux sous-jacents restent solides. Les créations d'emplois sont très fortes dans la plupart des économies occidentales, ce qui devrait soutenir les revenus. Les dépenses publiques devraient augmenter pour financer l'accélération de la transition énergétique vers une économie à faible teneur en carbone, les pays ayant désormais pris conscience de la nécessité de réduire leur dépendance vis-à-vis de l'approvisionnement russe. Enfin, les nouveaux risques de goulets d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement devraient inciter les entreprises à investir pour relocaliser leur production et reconstituer leurs stocks. Nous prévoyons une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) de 2,8 % en 2022 dans la zone euro et de 3,7 % aux États-Unis. Pour 2023, les chiffres sont de 2,7 % et 2,5 % pour ces régions respectives.

L'inflation va rester élevée pendant encore quelque temps

Le conflit militaire en Ukraine a contribué à un renforcement des incertitudes concernant l'inflation. Les comparaisons des prix à la consommation d'une année sur l'autre ont atteint de nouveaux sommets. Sans surprise, l'inflation reste la principale source d'incertitude pour les investisseurs. Nous anticipons un pic dans les prochains mois, mais la vitesse de normalisation reste imprévisible. Ceci est principalement dû au maintien des prix élevés de l'énergie et aux goulets d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement. L'inflation restera supérieure aux niveaux pré-COVID-19 en raison de la transition vers les énergies renouvelables et la sécurité énergétique. L'inflation du prix des denrées alimentaires pourrait également entraver le processus de normalisation, notamment dans les économies émergentes. Nous prévoyons, dans notre scénario central, que l’inflation dans la zone euro atteindra 6,7 % cette année et 3,2 % l’an prochain. Pour les États-Unis, nous prévoyons 7,5 % et 3,4 %.

La voie vers une hausse des taux d'intérêt

L'inflation élevée et généralisée exerce une pression accrue sur les banques centrales, notamment aux États-Unis. La Réserve fédérale américaine a l'intention de relever ses taux plus rapidement et plus fortement dans ce cycle de hausse des taux afin de resserrer les conditions financières. Nous prévoyons cinq hausses de taux supplémentaires cette année, à commencer par une hausse de 50 points de base en mai. Nous nous attendons donc à ce que les fonds fédéraux terminent l'année 2022 à un taux de 2,0 %. La Fed préférant relever ses taux rapidement au début du cycle des taux d'intérêt, nous n’anticipons désormais qu’une hausse de 75 pb pour l'année prochaine, laissant notre objectif pour les fonds fédéraux à fin 2023 à 2,75 %. La Fed devrait annoncer un programme de réduction de son bilan à compter du mois de mai plutôt que du mois de juillet.

Lors de sa réunion de mars, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé la fin du programme d'achats d'urgence face à la pandémie et l’accélération de la réduction du programme d'achats d'actifs (PAA) (c'est-à-dire moins d'achats d'obligations), en dépit du conflit Russie-Ukraine et de son impact sur les prix de l'énergie et sur la croissance de l'Union européenne. Cela conforte notre hypothèse selon laquelle a) la BCE mettra fin à ses achats nets d'obligations dans le cadre du PAA au T3 et b) elle relèvera son taux de dépôt de 25 points de base en décembre, si elle constate que l'inflation se traduit par une hausse des salaires. Nous prévoyons que les taux seront relevés trois fois de plus en 2023, ce qui portera le taux de dépôt à 0,50 % et le taux de refinancement principal à 0,75 % d'ici fin 2023. Le consensus général prévoit une hausse des taux d'intérêt dans l'ensemble des pays du G10, à l'exception de la Suisse et du Japon. Dans les économies émergentes, les banques centrales ont commencé à relever leurs taux en 2021 et devraient continuer sur cette voie afin de freiner la flambée de l'inflation. La Chine est l’exception, elle devrait continuer à baisser ses taux dans le but de renforcer la demande.

Revoir la conférence "Thèmes d'investissement 2022"

Notre expert
Edmund Shing
Global Chief Investment Officer at BNP Paribas Wealth Management

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