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Le crédit, un outil patrimonial à part entière

Publié le 26 Mars 2020 - Mis à jour le 10 Août 2020

Il permet de répondre à plusieurs problématiques, comme la constitution d’un patrimoine supplémentaire ou la réorganisation du patrimoine existant, sans perdre en souplesse et en flexibilité. À condition toutefois qu’il soit mis en place de manière adaptée.

Contrairement à une idée encore communément répandue, le crédit n’est pas un ultime recours pour ceux qui n’auraient pas les moyens de faire autrement. « C’est au contraire une composante importante dans la gestion d’un patrimoine déjà constitué à laquelle il apporte plus de flexibilité, explique Pierre de Pellegars, responsable de la Gestion de Fortune de BNP Paribas Banque Privée. Plusieurs situations s’y prêtent particulièrement. Le crédit permet, en premier lieu, de se constituer un patrimoine supplémentaire, en mobilisant peu ou pas les actifs déjà détenus ». Cette alternative est évidente quand le crédit coûte moins cher que le rendement des actifs dont il finance l’acquisition. Mais même quand cela n’est pas le cas, le recours au crédit peut aussi se justifier pour financer un actif de long terme comme l’immobilier tout en conservant des liquidités, donnant ainsi plus de souplesse pour saisir des opportunités à court et moyen terme. En outre, il peut arriver que ces liquidités ne soient pas disponibles là où elles sont nécessaires quand l’investisseur dispose d’un patrimoine à la fois professionnel et personnel.

« LE CRÉDIT PERMET DE
FINANCER UN ACTIF DE
LONG TERME TOUT EN
GARDANT LES MOYENS DE
SAISIR DES OPPORTUNITÉS
À PLUS COURT TERME »

Des besoins variés…

« Cette souplesse apportée par le crédit est aussi particulièrement appréciable dans une optique de réorganisation patrimoniale, poursuit Pierre de Pellegars. Par ailleurs, un chef d’entreprise qui voudrait fidéliser son premier cercle de managers en les intéressant au capital de leur entreprise peut leur donner les moyens de saisir cette opportunité à travers une proposition de crédit ». En facilitant ces opérations, le crédit contribue à assurer la pérennité de l’entreprise. L’accord sur le crédit est plus aisé lorsque la Banque connaît également bien l’entreprise et son dirigeant. Le crédit peut également concerner des réorganisations de patrimoine moins complexes, notamment pour financer les droits de donation. S’il n’y a pas d’avoirs mobilisables aisément, le recours à des fi nancements (comme des autorisations de découverts ou des prêts personnels amortissables) pour payer les droits peut être utilisé. Ces fi nancements seront ensuite remboursés par des cessions d’actifs ou des revenus à venir.

… et de multiples réponses

Il existe plusieurs sortes de crédit, chacun plus ou moins adapté à des situations particulières, certains cas de figure nécessitant des montages sur mesure (lire encadré). L’autorisation de découvert permet ainsi de financer un besoin bien défi ni et restreint dans le temps (de quelques jours à deux ans maximum). Et ce financement peut être renouvelé à l’échéance si besoin. À moyen long terme, le client peut avoir besoin d’un crédit amortissable : le capital et les intérêts sont alors remboursés selon une période définie lors de la mise en place de l’opération, sur une base mensuelle, trimestrielle ou annuelle. Quant au crédit in fine, le souscripteur paie les intérêts régulièrement mais ne rembourse le capital qu’à la fin de la période de prêt. Il est souvent utilisé pour faire un effet de levier, en l’adossant à un actif financier. « En tant que Banque Privée, c’est un avantage concurrentiel important de faire partie d’un grand groupe bancaire, ce qui confère une capacité d’octroi de crédit plus élevée, note Pierre de Pellegars. Pour autant, quelle que soit la nature du crédit, la capacité de remboursement du client n’est jamais établie sur la base de la valeur du bien que le crédit va servir à financer, ni sur les garanties. Nous nous basons sur une hypothèse plus conservatrice : les cash flow disponibles pour rembourser les échéances ».

« IL FAUT CALER AU MIEUX
LES REMBOURSEMENTS
SUR LES REVENUS FUTURS
DU CLIENT ET NON SUR
LA VALEUR DU BIEN »

Article issu de la Lettre Gestion de Fortune n°25 du mois de janvier 2020

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