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Investissements durables : 8 notions clés décryptées par nos experts

Publié le 13 Novembre 2020 - Mis à jour le 13 Novembre 2020

Développement durable

«Le développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.» (*). Il est au centre de diverses initiatives et comportements qui visent à avoir un impact positif à long terme sur la société. L‘investissement responsable  fait partie de ces comportements.

(*) Source: Définition extraite du « rapport Brundtland », fondateur de la notion de développement durable, 1987

Thèmes d’investissements durables

Ces thèmes apportent des solutions à des enjeux sociaux et/ou environnementaux du développement durable. Exemple  :

un fond qui investit dans les actions de sociétés internationales dont les activités ont un impact positif sur l’environnement (énergies renouvelables, efficacité énergétique, transports publics, .. ) ou par exemple  en matière sociale sur l’accès à l’emploi, à la santé ou le soutien à l’entreprenariat.

ODD

Ce sigle international désigne les Objectifs de développement durable de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

En 2015, l’ONU réunit autour de la table les États, les ONG, et pour la première fois les entreprises afin d’élaborer 17 ODD. Ce cadre d’action commun permet de réfléchir à la résolution globale d’enjeux sociaux et environnementaux. Les ODD répondent en effet aux défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice.

ESG

Ce sigle international est utilisé par la communauté financière pour désigner les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) qui constituent généralement les trois piliers de l'analyse extra-financière. Ils sont pris en compte dans la gestion socialement responsable.

Grâce aux critères ESG, on peut évaluer l’exercice de la responsabilité des entreprises vis-à-vis de l’environnement et de leurs parties prenantes (salariés, partenaires, sous-traitants et clients).

• Le critère environnemental (E) tient compte de la gestion des déchets, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la prévention des risques environnementaux.

• Le critère social (S) prend en compte la prévention des accidents, la formation du personnel, le respect du droit des employés, la chaine de sous-traitance (supply chain) et le dialogue social.

• Le critère de gouvernance (G) vérifie l’indépendance du conseil d’administration, la structure de gestion et la présence d’un comité de vérification des comptes.

Il est nécessaire dans une stratégie de développement durable et d’investissement responsable de relier la performance financière d’une entreprise à son impact environnemental et social. Par exemple :

• Une entreprise qui agit activement pour la sécurité et le bien-être de ses salariés aura ainsi moins de risques d’accidents du travail, de conflits sociaux ou d’absentéisme pouvant impacter sa rentabilité.

• Une entreprise impliquée dans l’irrigation raisonnée dans une région sujette à une pénurie d’eau commercialise une offre adaptée sur le long-terme.

• Une entreprise réduisant le volume de ses emballages maîtrise l’impact de ses produits sur l’environnement, et réalise simultanément des économies.

Exclusions sectorielles

L'exclusion sectorielle se rapproche de l'exclusion normative, car dans les deux cas, il s'agit d'exclure de l'univers d'investissement d'un fonds ISR, des entreprises ayant un comportement néfaste pour l’être humain ou l'environnement.

Dans le cas de l'exclusion sectorielle, il est question d'exclure des entreprises tirant une part de leur chiffre d'affaires, considérée comme significative, d'activités jugées néfastes pour la société. Il s'agit généralement d'exclusions éthiques, les secteurs les plus concernés étant l'alcool, le tabac, l'armement, les jeux d'argent et la pornographie ou d'exclusions pour raisons environnementales dans le cas des OGM, du nucléaire ou de l’exploitation des énergies fossiles.

Prenons l’exemple des énergies fossiles non conventionnelles : peuvent être exclus de votre portefeuille tous les acteurs professionnels dont les revenus proviennent principalement du gaz ou du pétrole de schiste, des sables bitumineux et de toute ressource gazière et pétrolière située dans l’Arctique.

Exclusions Normatives

Dans le cadre d'un investissement responsable, l'investisseur peut être amené à exclure certains types d'investissement de leurs portefeuilles pour cause de non-respect de certains principes éthiques ou moraux, mais aussi de normes internationales.

En pratique, les dix principes du Pacte Mondial des Nations Unies constituent le référentiel souvent utilisé. Ces principes s'appuient en particulier sur la Déclaration universelle des droits de l'homme, la déclaration de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) relative aux principes et droits fondamentaux au travail, la déclaration de Rio sur l'environnement et le développement et la convention des Nations Unies contre la corruption. Parmi d’autres traités, citons :

• La convention d’Ottawa, qui interdit l’acquisition, la production, le stockage et l’utilisation des mines antipersonnel.

• Le Greenhouse Gas Protocol sur les gaz à effet de serre qui vise à quantifier les impacts générés par la production et la consommation d’un produit.

L'objectif de l'exclusion normative est de réussir à influencer les pratiques des entreprises exclues pour qu'elles puissent à nouveau faire partie des portefeuilles ISR.

Transparence

Votre banque privée mesure la facilité d’accès aux informations, ainsi que leur exhaustivité, concernant les investissements et la méthodologie des sociétés de gestion. Par exemple :

• La société de gestion communique-t-elle publiquement l’intégralité de la composition de son portefeuille ?

• Communique-t-elle publiquement son processus de sélection extra-financer (exclusions, filtres ESG, politique de vote et d’engagement, etc.)

Vote et engagement

L’engagement est une démarche mise en œuvre par les sociétés de gestion afin de représenter leurs clients. Il consiste à accompagner et à encourager les entreprises dans l’amélioration durable de leurs pratiques ESG. Cet engagement s’exerce de deux façons complémentaires :

• Par l’exercice des droits de vote aux assemblées générales, avec une politique de vote claire sur les questions ESG. La politique de vote définit ainsi les grands principes de gestion des entreprises qui sont attendus par la société de gestion et qui détermineront ses instructions de vote aux assemblées générales des actionnaires.

• Au travers d’un dialogue dans la durée avec les entreprises sur les sujets ESG en amont de l’investissement et pendant toute la durée de détention des titres.

Ces démarches sont régulièrement l’occasion pour les sociétés de gestion de s’allier à leurs concurrents afin de porter un message commun auprès des entreprises ciblées.