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Forbes - L'investissement responsable est une priorité pour les jeunes générations - Nicolas Otton

Publié le 14 Avril 2022 - Mis à jour le 14 Avril 2022
Nicolas Otton
Directeur de BNP Paribas Banque Privée et Président de Portzamparc

Avec plus de six milliards d’encours en 2021, l’engouement pour l’ISR devient une réalité et les jeunes générations y sont sûrement pour quelque chose. C’est en tout cas ce que partage Nicolas Otton, directeur de BNP Paribas Banque privée. Le groupe bancaire souhaite faire de l’investissement socialement responsable sa priorité : un mandat sur deux devrait être labellisé ISR à horizon 2025.

Depuis quand êtes-vous chargé de la branche private banking chez BNP Paribas ? En quoi consiste votre rôle ?

NICOLAS OTTON : Cela fait deux ans que je dirige la Banque privée France de BNP Paribas qui totalise en 2021 plus de 120 milliards d’euros d’actifs. Les clients éligibles à nos offres ont un patrimoine supérieur à 250 000 euros. Ils sont accompagnés par nos banquiers basés à Paris et en région. Une équipe dédiée gère l’activité de gestion de fortune, à partir de 5 millions d’euros de patrimoine. Nous disposons
de 1 000 banquiers à travers la France, qui peuvent proposer nos services de Banque privée, entourés de nos experts en ingénierie patrimoniale, en structuration de crédit mais aussi en foncier rural, en art ou encore en philanthropie. Dans le détail, le client est accompagné par une équipe dédiée à des projets précis, qui fait un travail de dentelle en offrant des solutions personnalisées et sur mesure. Notre rôle d’experts est de constamment ajuster nos offres et nos conseils aux besoins de nos clients, en les aidant à piloter leurs choix patrimoniaux
et financiers. Ces derniers peuvent directement interagir avec nos experts en ligne. Nous avons aussi la capacité de pivoter très vite et c’est par exemple le rôle de notre filiale Portzamparc chargée d’accompagner les PME et les particuliers sur leur chemin en bourse. Tous les conseils prodigués prennent en compte les différents biais comportementaux connus en matière boursière. Autrement dit, toutes les
erreurs à ne pas commettre comme le fait, pour un client, d’investir uniquement dans des valeurs qu’il connaît au lieu de préférer une diversification de son portefeuille.

Avez-vous constaté des changements dans votre portefeuille de clients ?

N.O. : Nous assistons à un phénomène de rajeunissement de notre clientèle. Depuis l’année dernière, nous avons connu un doublement
d’arrivée de clients de moins de 40 ans. La crise a accéléré la transmission d’entreprise vers les nouvelles générations et le nombre d’opérations capitalistiques a augmenté, notamment dans les PME et ETI. La deuxième tendance à noter est le dynamisme de l’entrepreneuriat chez les jeunes. Ces jeunes chefs d’entreprise qui, après avoir bénéficié d’une opération de cession, se positionnent souvent
pour réinvestir tout de suite dans leur activité, et de plus en plus dans une optique responsable.

Où en êtes-vous dans votre transformation numérique ?

N.O. : Durant ces quatre dernières années, nous avons digitalisé l’ensemble des activités de la banque privée pour toujours mieux répondre aux nouveaux usages de nos clients. Nous nous sommes par exemple associés à la FinTech Gambit Financial Solutions pour digitaliser le parcours client. Nous avons à cet égard une stratégie double: nous nous appuyons directement sur les FinTech et beaucoup d’entre elles sont clientes chez nous, notamment par le biais de notre dispositif dédié aux start-up
innovantes, «We are innovation». Au total, 80 % des sociétés du Next 40, 75 % du French Tech 120 et 30 % des entrepreneurs à impact sont clients de BNP Paribas. En parallèle, notre programme d’accélération TechUp by BNP Paribas prévoit l’accompagnement et l’hébergement de start-up à Station F et nous permet de mieux détecter les futures tendances dans la finance. Enfin, nous favorisons l’intrapreneuriat, à du projet d’accompagnement aux aidants familiaux appelé Tilia.

Est-ce que la quête de sens semble plus marquée chez vos clients depuis la crise ?

N.O. : Oui, cette tendance est très nette. Nous voyons nos clients, et en particulier les jeunes générations, opérer un changement majeur dans
leur choix d’allocation d’actifs. Dans un premier temps, nous constatons une volonté d’investir dans l’économie réelle; 2021 a d’ailleurs été une année record pour les investissements en bourse sur les titres vifs. Dans un second temps, il y a une forte éclosion du private equity chez une grande partie du public. En 2021, les particuliers et les family offices ont reversé 1,66 milliard d’euros sur le non-coté français. Enfin, le choix d’épargne a aussi évolué avec une volonté exprimée de ne plus investir n’importe où et n’importe quand, ainsi que de donner du sens et de mesurer l’impact de ses investissements. L’ISR est devenu une priorité. Nous avons développé il y a deux ans l’outil myImpact qui permet d’avoir une vision globale de son profil d’investisseur responsable, avec un choix plus précis d’allocation des actifs vers la santé, l’éducation ou encore la transition énergétique.

Reprendre le contrôle de ses actifs et de son épargne nécessite une bonne compréhension des mécanismes financiers en jeu…

N.O. : Il y a deux cas de figure: d’un côté, nous avons des clients qui nous délèguent directement le choix des fonds d’investissement et de l’autre, certains veulent décider par eux-mêmes. Nous avons mis au point la solution «MyMand@te» pour que ces derniers puissent sélectionner leurs propres thématiques d’investissement. Souvent, nos clients préfèrent d’ailleurs investir de petits montants dans plusieurs thématiques pour diversifier leur portefeuille.

Quel conseil donneriez-vous en matière d’investissement ?

N.O. : Il faut favoriser à tout prix la diversification avec des titres alloués dans au moins 20 à 25 valeurs différentes. Le choix des pays est aussi important : nous privilégions l’Europe, le Japon et le Royaume-Uni mais les pays émergents peuvent aussi être envisagés pour les profils avec une exposition aux actifs dynamiques plus élevée. Ensuite, nous avons construit nos choix d’investissement autour de cinq thématiques clés pour 2022 : l’inflation et les différentes façons d’en tirer parti, l’économie circulaire, les petites et moyennes entreprises, l’investissement, l’innovation et le métavers. Enfin, la nouvelle réglementation sur le label ISR va nous conduire à être plus fi ns dans la sélection de fonds d’investissement d’ici la fin de l’année.


Cette interview a été réalisé par Forbes

Notre expert
Nicolas Otton
Directeur de BNP Paribas Banque Privée et Président de Portzamparc

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