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Focus Actions - Novembre 2021

Publié le 17 Novembre 2021 - Mis à jour le 17 Novembre 2021
Edmund Shing
Global Chief Investment Officer at BNP Paribas Wealth Management

Résumé

  1. Solide saison des résultats, saisonnalité favorable pour les actions : La très forte saison des résultats du T3 pour les entreprises américaines amène les actions mondiales à de nouveaux sommets historiques, portées par des résultats supérieurs aux attentes de 20 % en moyenne pour les banques. La saisonnalité positive du T4 continue de jouer, tandis que les rendements réels restent globalement négatifs. Les indicateurs de tendance soutiennent notre opinion toujours positive sur les actions.
  2. Le CAC-40 français atteint un nouveau record historique après 21 ans :  La barrière des 7000 points a enfin été franchie, suggérant un potentiel de hausse supplémentaire pour les actions françaises.
  3. Les actions d'énergies renouvelables commencent à briller suite à la COP26 : Comme lors des précédentes conférences COP24 et COP25, le thème des énergies renouvelables prend à nouveau de la vitesse suite à la COP26. Il devrait se trouver une tendance positive au cours des prochains mois.
  4. Prise de bénéfices sur les actions indiennes : Nous abaissons notre opinion sur les actions indiennes de Positive à Neutre, après une surperformance impressionnante par rapport aux actions des marchés émergents depuis février.
  5. Qu'est-ce qui pourrait aller de travers ? Ne vous laissez pas emporter exagérément par le dynamisme des bourses en 2021. Les risques restent importants, notamment le cas potentiel d’un resserrement excessif de la part des banques centrales ou une nouvelle envolée des prix de l'énergie qui grèverait la croissance économique.

Notre vision sur les actions internationales

La tendance reste votre alliée

Les marchés actions ont progressé en octobre : la hausse de 3 % enregistrée par les États-Unis le mois dernier et les gains modestes de l'Europe, associés à la reprise inattendue de 6 % de l'indice Hang Seng de Hong Kong vont de pair avec la saisonnalité typiquement haussière du T4.

La forte dynamique des bénéfices, grâce aux  résultats en hausse du T3, associée à l’augmentation des rachats d'actions, aux rendements réels négatifs et à la reprise des activités de fusions-acquisitions sont autant de moteurs clés pour les actions. Le niveau élevé d’épargne liquide toujours en attente met en évidence la puissance de feu potentielle qui pourrait encore affluer sur les marchés boursiers au T4 2021. Le principal risque reste une éventuelle modification des conditions de liquidité macroéconomique en cas de resserrement de la politique monétaire mondiale.

La COP26, un catalyseur pour les énergies renouvelables : les conférences mondiales sur le climat COP24 et COP25 ont agi comme un catalyseur positif pour les valeurs d’énergie propre en 2018 et 2019. La COP26 devrait également recentrer l’attention sur les valeurs d’énergie propre, après un ralentissement de l'enthousiasme pour les énergies renouvelables depuis le mois de février.

Prise de bénéfices sur les actions indiennes

Nous avons décidé de prendre des bénéfices sur les valeurs indiennes en raison, notamment, de la très forte hausse des cours. La recomandation passe de Positive à Neutre. Le Sensex, marché actions le plus performant au monde en 2021, s'est apprécié de 52 % au cours des 12 derniers mois. Il se négocie avec une prime record de 60 % par rapport aux actions asiatiques. L'indice Sensex 30 se négocie à 26 fois les bénéfices de l'année en cours et à 22 fois les bénéfices de l'année prochaine. De plus, la hausse des prix de l'énergie et de l'inflation conduira la Banque Fédérale indienne à relever ses taux, comme dans le reste du monde.

Les fondamentaux à long terme de l'Inde restent solides : i) amélioration du paysage économique sous la houlette du Premier ministre Modi ; ii) population jeune - la démographie est un moteur clé de la croissance dans un monde vieillissant ; iii) des niveaux d'endettement inférieurs à ceux des autres principaux pays ; iv) un marché intérieur vaste et en pleine croissance, et v) une forte culture de rentabilité élevée des capitaux propres et de performance des entreprises. Nous réexaminerons la situation en cas de repli du marché. L'Inde offre également un potentiel de diversification par rapport à la Chine avec une corrélation plus faible.

CONCLUSION

La taille des sociétés a de l’importance : les petites capitalisations continuent de surperformer en Europe depuis le début de l'année (+23 %), soutenues par de meilleures perspectives bénéficiaires et par la poursuite de la reprise cyclique. L'indice MSCI EM Small Cap (moyennes capitalisations en réalité) bénéficie de son biais sur Taïwan et la Corée du Sud. Les small caps se reprennent maintenant fortement aux US. La reco sur le marché indien passe de Positive à Neutre suite à une surperformance impressionnante.

Thème du mois

Réapparition de bulles

L’instinct grégaire est de retour : Certains investissements parmi les plus populaires de 2020 ont encore atteint de nouveaux sommets, soulignant l'euphorie des investisseurs dans certaines poches des marchés financiers. Les crypto-monnaies et les méga-capitalisations technologiques américaines sont deux exemples clairs.

Depuis mai 2021, Tesla (dans l'indice NYSE FANG +) a quasiment doublé, tandis que la « monnaie mème » Shiba Inu (SHIB) a progressé de plus de 1000% depuis fin septembre. Les « monnaies mèmes » désignent les monnaies initialement créées comme des parodies.

L'argent bon marché en est le moteur : le moteur sous-jacent de cette euphorie reste le coût très bas de l'argent, associé à l’augmentation des allocations de chômage (qui ont désormais pris fin) et à l'émission de monnaie hélicoptère sous la forme de chèques envoyés directement aux ménages américains éligibles.

Ces deux exemples relancent le spectre de bulles d'investissement euphoriques, un signe, selon nous, que les investisseurs devraient faire preuve d’une certaine prudence à l'égard des actifs à risque.

Mais les récents « mèmes » d’investissement ne fonctionnent pas tous : cette euphorie semble très sélective. L'indice Renaissance IPO a fait du surplace en 2021.

D’autres thématiques qui avaient connu une euphorie telles que les actions les plus mentionées sur les réseaux sociaux ou encore les récoltes alternatives ou l'hydrogène ne sont pas reprises : en effet , l’indice du « sentiment social » (il existe un tracker ou FNB qui achète des valeurs souvent mentionnées sur les réseaux sociaux), les récoltes alternatives (actions de cannabis) ou encore le thème de l'hydrogène - des segments de marché qui avaient fortement progressé au début de l’année 2021 - n’ont pas poursuivi leurs hausses. Ces trois types d’indices sont à présent loins des sommets atteints en février 2021.

Il en va de même pour les cours des trackers ou FNB qui suivent les valeurs d’hyper croissance tels que le cours du « ARK Innovation » et du « Direxion Moonshot Innovators ».

CONCLUSION

La réflation sélective de bulles potentielles parmi les actions de l’indice FANG+ ou les crypto-monnaies signifie que nous n’assistons pas à un excès d’optimisme euphorique généralisé sur les marchés financiers. Beaucoup d’autres anciens « mèmes » d'investissement de la fin 2020 ne se sont pas repris et, dans l'ensemble, le sentiment global des investisseurs particuliers reste bien loin des niveaux observés en 2000.

Evolution des profits des entreprises

États-Unis

Avant la saison des résultats du T3, on craignait que les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement n'impactent les bénéfices des entreprises. Si la demande finale reste robuste, dopée par la nécessité de reconstituer les stocks, des inquiétudes – liées à la pandémie et à la hausse des coûts de l’énergie - persistent du côté de la production (forçant des usines à réduire la production voire à fermer).

Au final, les résultats des entreprises américaines se sont révélés bien meilleurs que prévu. Ils n'ont pas été aussi spectaculaires que les cinq trimestres précédents. Néanmoins, au 5 novembre (quand 88% des entreprises US avaient publié), les entreprises américaines ont dépassé les bénéfices attendus dans 81% des cas, et d'un peu plus de 10 % en moyenne - un excellent résultat. Les ventes ont également été meilleures que prévu dans 65% des cas. Les meilleurs résultats ont été annoncés dans les secteurs bancaire, énergétique et pharmaceutique. Beaucoup d'entreprises ont mentionné une hausse des coûts, mais jusqu'à présent, la plupart d'entre elles sont parvenues à maintenir leurs marges bénéficiaires à des niveaux élevés, voire même à les améliorer dans certains cas.

Les prévisions de bénéfices continuent à être revues à la hausse dans un certain nombre de secteurs, dont l'énergie, la finance, les services à la consommation et les services de communication.

Europe

En Europe, avant la saison des résultats du T3, les attentes étaient également élevées mais il y avait moins de craintes de déceptions au vu de la hausse du dollar US, des aides sociales, des plans de relance, et des taux de vaccination élevés contre la COVID-19 (parmi les plus élevés au monde), autant de soutiens à la reprise économique de l'Europe.

Au final, les résultats des entreprises européennes se sont également révélés meilleurs qu'attendu, mais moins spectaculaires qu'aux Etats-Unis. Au 5 novembre (49% des entreprises avaient publié à cette date), les entreprises européennes dépassent les bénéfices attendus dans 68% des cas, et d'un peu plus de 10% en moyenne. Les ventes ont également été meilleures dans 55% des cas.

L'indice STOXX Europe 600 est relativement bon marché : Le ratio cours/bénéfices est d'environ 15,5x les bénéfices attendus sur les 12 prochains mois. Les États-Unis restent relativement chers avec un ratio cours/bénéfices prévisionnel proche de 22x.

Du point de vue sectoriel, les révisions à la hausse des bénéfices se sont récemment concentrées sur l'énergie, la finance, le commerce de détail et les transports. Beaucoup de valeurs cycliques restent bon marché. Les défensives font preuve de plus de révisions à la baisse.

Conclusion

Malgré les hausses de coûts, la saison des résultats du T3 a encore surpris à la hausse. La plupart des entreprises ont maintenu des marges bénéficiaires élevées, voire les ont augmentées dans certains cas. La visibilité n'est pas si élevée pour le T4 2021 mais la demande latente, la reconstitution des stocks et la diminution des goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement devraient fortement soutenir les bénéfices au cours des prochains trimestres. Nous restons optimistes pour 2022.

Perspectives sectorielles

La hausse des rendements obligataires et la saisonnalité favorisent les actions de valeur cycliques

Les secteurs sensibles aux taux tels que l'énergie et la finance continuent de mener, dopés par la hausse des rendements et les points d’équilibre d’attente d'inflation qui atteignent désormais 2,6%. Les solides résultats du T3 et les révisions à la hausse des bénéfices devraient alimenter la poursuite de la dynamique haussière dans ces secteurs.

Depuis 2005, les valeurs cycliques affichent un rendement moyen de 5,4 % sur le T4, contre seulement 0,9 % pour les valeurs défensives. Cette surperformance cyclique a tendance à se poursuivre au début de l'année suivante, jusqu'à fin avril.

Cependant, plusieurs secteurs cycliques (principalement les matériaux, l'industrie et la consommation discrétionnaire) sont toujours sous pression en raison de leur dépendance à la Chine, et du ralentissement de la croissance économique mondiale. Beaucoup souffrent de la hausse des coûts (de l'énergie) et des soucis d’approvisionnement.

Depuis le début de l'année, nos secteurs préférés se portent bien : Les financières (+) et l'immobilier américain (+) surperforment. L'énergie (le secteur énergétique européen, très bon marché, est en +), les soins de santé (+) et les technologiques se comportent également bien.

Pas de changement ce mois-ci : Restez diversifiés et sélectifs !

Vendre les techs sur rebond : Nous continuons de recommander de réduire les titres avec des bénéfices décevants, faibles, voire inexistants. Les bénéfices sont clairement le facteur explicatif clé de la performance boursière de ces derniers mois (cf. graphique ci-dessous).

Parmi les technologiques, les semi-conducteurs (+) ont encore du potentiel en raison de la demande non satisfaite et de leur pouvoir de fixation des prix. Il y a aussi des opportunités dans l'intelligence artificielle, la 5G, le cloud et la cybersécurité ; ces segments font tous partie du « Metaverse », un de nos Thèmes d'Investissement pour 2022.

Nous restons positifs sur la santé, les financières et l'énergie en Europe, également en raison de leurs valorisations toujours relativement bon marché et de leur énorme génération de cash-flow, soutenant les dividendes et les rachats d'actions. 

Les métaux pour batteries (cuivre, lithium, nickel) comptent parmi les meilleurs moyens de jouer les plans américains et européens d'infrastructures renouvelables, de même que les Matériaux de construction, tant que la Chine évite la contagion d'Evergrande aux marchés financiers.

Conclusion

Nous recommandons une saine diversification, privilégiant les secteurs les moins chers avec des solides flux de trésorerie parmi les cycliques et les défensifs. Les financières, la santé, l'immobilier, les métaux précieux et pour batteries, les matériaux de construction, les semi-conducteurs et l'énergie européenne gardent notre préférence (+). En revanche, évitez les services aux collectivités (-) et les sous-secteurs qui souffrent de la hausse des coûts et des rendements obligataires, tels que les produits ménagers et de soins personnels (-).

Cette analyse a été réalisée par notre réseau international BNP Paribas Wealth Management.

Notre expert
Edmund Shing
Global Chief Investment Officer at BNP Paribas Wealth Management

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